Des familles racontent … (3/3)

By Madrass'Animée | Parentalité Musulmane

Oct 26

Rempli d'anecdotes et d'exemples de vie réelle, cet article révèle des perles de la parentalité musulmane et offre des mises en situation claires et concises pour ceux et celles qui appréhendent fortement l'éducation de leur progéniture...

HINA KHAN-MUKHTAR est une maman musulmane américaine auteur et co-fondateur de l'ILM Tree Homeschooling Co-Op a Lafayette, en Californie, USA.

Elle a publié pour la première fois en 2010 un article intitulé"Raising Children with Deen and Dunya" (élever des enfants avec deen et dunya) qui est rapidement devenu viral sur internet.

Pour le rédiger, elle a, pendant une douzaine d'années, interrogé des parents de multiples origines afin de recueillir leurs témoignages, leurs conseils, leurs astuces en matière d'éducation, en prenant soin de sélectionner des familles dont elle estimait l'éducation réussie.

Rempli d'anecdotes et d'exemples de vie réelle, cet article révèle des perles de la parentalité musulmane et offre des mises en situation claires et concises pour ceux et celles qui appréhendent fortement l'éducation de leur progéniture...

La Madrass'animée a donc trouvé utile de traduire cet article afin de le rendre accessible au plus grand nombre. Afin de ne pas rendre celui-ci trop long, nous l'avons découpé en 3 parties.

Retrouvez la première partie ici, et la seconde partie !

7.) Les garder au plus proche de soi

Je n'ai pas été surprise de voir que dans presque toutes les familles avec lesquelles je me suis entretenue, c’est la mère qui reste à la maison pour s’occuper des enfants, mais par contre, j'ai été choquée par le nombre de familles qui partageaient cette même règle : "Pas de soirées pyjamas chez les gens"

"Je sais dans quel lit dort mon enfant chaque nuit" déclare une maman mariée à un professeur d'université et qui a recours à la scolarité à domicile pour ses deux enfants. "Un lit auquel je peux me rendre quand bon me semble."

"Les amis étaient toujours les bienvenus pour passer la nuit chez nous" se rappelle une jeune femme qui a grandi avec son frère jumeau. 

« Ma mère se donnait à fond -  pop-corn durant les parties de Monopoly le soir, pancakes pour le petit-déjeuner, elle nous laissait des moments pour s’amuser et rire entre nous tard le soir. Mais nous n’avions pas le droit de dormir chez les gens sauf en présence de nos parents »


"Etant plus jeune, j’ai été témoin de trop de choses bizarres chez les amis…et même en pleine journée" se rappelle un avocat,  père de trois enfants. « La première fois que mon meilleur ami a vu un magazine obscène, c’était lorsqu’il a passé la nuit chez son voisin. A l’époque, il est vrai que j’en voulais un peu à mes parents d’être si sévères, mais au fond de moi, je savais qu’ils avaient raison de nous empêcher de sortir de notre chaleureuse maison où nous étions en sécurité »

« Je ne les ai jamais laissés s’éloigner de moi quand ils étaient petits »

Explique une mère de deux enfants quand je lui ai demandé le secret qui se cache derrière l’éducation d’un garçon  aussi obéissant que le sien. « Mes enfants faisaient du camping et participaient à des sorties éducatives supervisées par des parents chaperons, mais seulement quand mon mari et moi-même étions présents aussi. Une fois, mon mari a considéré l’option d’un internat prestigieux pour un de nos enfants, mais j’ai tout de suite répondu qu’il en était hors de question. Il était inconcevable pour moi de séparer les membres de ma famille et d’aller dans des directions différentes; les moments que nous passons avec eux sont déjà assez courts comme ça »

« Pas de nourrices ou de garderies dans notre famille » affirme une grand-mère de cinq petits-enfants. "Et pourtant j’ai été tenté d’y avoir recours! J'ai élevé trois bébés toute seule sans aucune aide; je n'avais pas de parents ou des beaux-parents à mes côtés. Nous étions une famille avec un seul revenu, du coup nous allions en vacances selon nos moyens et nous n’avions que des voitures d'occasion. Nous vivions dans une petite maison. J’ai repris le travail quand les enfants sont rentrés à l’école, mais quand ils rentraient,  j’étais toujours chez moi prête à les accueillir avec un grand sourire, un gros câlin et un goûter. Encore aujourd’hui, mes enfants, bien que devenus adultes,  me disent que l'odeur du beurre de cacahuètes et de la confiture leur apporte un sentiment de sécurité."

Une autre mère de quatre enfants, qui peut se permettre d’avoir une assistante maternelle, est arrivée à un compromis avec son mari : lorsque leur employé de maison serait disponible pour s’occuper du linge, du nettoyage, des courses, de la préparation des repas, tout ce qui concerne les enfants devrait être géré exclusivement par les parents. "Mon mari pense que le dîner se fait par magie" raconte en riant cette mère au foyer qui a un master de commerce à son actif. "Mais, MashaAllah, il aide énormément avec les enfants, donc je peux me permettre de faire des pauses. Quand nous avons besoin de sortir passer une soirée ensemble, nous comptons sur les grands-parents ou bien sur ma sœur…mais jamais sur des étrangers."

8.) Ne pas trop gâter les enfants, ni leur faire trop d’éloges .

« Il est important pour moi que mes enfants ne grandissent pas enracinés dans cette ‘société d’enfants’ affirme un professeur de collège, père de trois enfants »

Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il entendait par ‘société d'enfants’, il a expliqué que c’est le genre d'environnement où les adultes se comportent et sont traités comme des enfants.  On accepte ainsi le prolongement de la phase d'adolescence et on excuse les mauvais comportements ainsi : " ‘Oh  il est dans sa phase rebelle. Il n’a que 16 ans, ça va lui passer’. Mais ça va lui passer quand au juste? Depuis toujours, la puberté est considérée comme le début de l’âge adulte; mais de nos jours, on trouve des diplômés universitaires qui se comportent comme des vrais bébés : crises de colère, comportement irresponsable, aucun sens de responsabilité. » 

Chaque année, ce père donnait à ses enfants un nouveau jouet…mais aussi un nouveau devoir. "Quand mon fils aura 7 ans, il aura comme cadeau ce gros camion qu’il veut depuis un moment, mais il aura aussi une nouvelle responsabilité pour l’année : il devra s'assurer que toutes les portes de la maison sont fermées avant d'aller se coucher. "

Sa femme et lui-même croient que le fait d’avoir des responsabilités, aussi minimes soient-elles, permet aux enfants d’apprendre à être courtois, responsable et à rendre service.

Lorsqu’un l’une de mes amies a poliment refusé que sa fille récite son poème primé à un événement dans une mosquée, cela m’a fait réfléchir. « Masha'Allah, elle a reçu beaucoup d'attention et d’éloges pour ce poème la semaine passée " a-t-elle dit en soupirant.

"L'autre jour, elle a aussi été interviewée à la télévision locale dans le cadre d’un programme scientifique. Mais honnêtement,  je ne pense pas que ce soit bénéfique pour son nafs (son égo) d’être trop sous ‘les projecteurs’, donc je vais devoir dire non. »

Cette mère pense que les éloges ne sont pas bénéfiques quand elles concernent des choses sur lesquelles les enfants n'ont aucun contrôle; elle estime que les enfants devraient obtenir des éloges lorsqu’ils ont fourni un réel effort. À quoi bon dire à un enfant qui obtient toujours des A ‘Tu es super intelligent’ ou bien lui dire : ‘Tu es trop mignon' ? Par contre, dire un enfant qui a travaillé dur sur son devoir : « Je suis fier du mal que tu t’es donné sur ces exercices difficiles » a beaucoup plus de sens. 

Une mère, qu’on interroge souvent sur le secret qui se cache derrière la satisfaction de ses enfants face à la vie, propose cette théorie : «C'est en réalité une chose que j'ai découvert par accident. Nous n'avons jamais voulu acheter les derniers gadgets pour nos enfants. Du coup, pour compenser, nous leur accordons une chose gratuite mais qui a énormément de valeur : notre temps. Je leur apprends à faire des gâteaux, leur père fait de la lutte avec eux. On se blottit sur le canapé, on lit ensemble. Ils sont rarement insatisfaits des biens matériels dans le sens où ils sont tellement reconnaissants du peu qu’ils obtiennent. Ils n’ont pas le sentiment que tout leur est dû. De toute façon, la pleurniche n’a jamais marché chez nous, donc ils n’essaient même pas de chouiner".

Le père ajoute : "Franchement, on les gâte, mais on les gâte avec quelque chose de durable et non pas passager : notre amour."

9.) ​Parlez à ses enfants avec amour

Un jour, j’étais en train de chanter "Oh pluie, va-t’en pour le moment; Et reviens une autre fois; Shaan et Ameen ont envie de jouer sans toi" avec mes enfants quand mon frère nous a interrompus.

Il m'a réprimandé en disant "Ne leur apprends pas ça! La pluie est une bénédiction! Il ne faudrait pas qu’ils se mettent à rejeter des bénédictions juste parce qu'ils ont envie de jouer" .

Après réflexion, nous avons fini par chanter, "Oh chère Pluie, tombe, tombe, tombe; tu es une bénédiction de notre Seigneur; oh chère pluie, pluie, tombe sur moi ; je me tourne vers Allah avec reconnaissance" Depuis ce jour-là, à chaque fois que des nuages sombres viennent accompagner un jour qu’ils avaient espéré passer à l'extérieur, mes enfants se consolent en disant, « Ce n’est pas grave, la Californie a besoin de pluie. Allah se montre miséricordieux à notre égard »

Le conseil suivant venant de mon frère rejoint ceux que les familles m’ont donnés maintes fois – « Ne jamais rater les moments de rappels et d’apprentissage »

« Tant que vos enfants sont jeunes, vous devriez profiter de chaque occasion pour les guider, les conseiller, leur faire des rappels" conseille un irakien père de deux filles. « Bien sûr, il peut y avoir une fine limite entre la critique et l'enseignement, entre  jugement et perspicacité. Néanmoins,  j'encourage mes enfants à tout analyser avec discernement. Que signifient les choses qui nous entourent ? Pourquoi cette affiche dit-elle que leur marque de soda garantira une fête réussie? Quelle était la vraie raison pour que ce conducteur klaxonne ainsi? Est-ce que le fait d’attendre longtemps dans une queue est une raison valable pour perdre son calme et s’en prendre au guichetier? Parlez à vos enfants, je ne le répèterai jamais assez, parlez à vos enfants! Même s’ils ne répondent pas, croyez-moi, ils écoutent! »

"J’aimerais pouvoir insérer ma voix dans la tête de mes enfants tant qu'ils sont encore jeunes," raconte une maman. 

"Il y a tellement d’éléments qui rivalisant dans l’esprit de nos enfants;  j’aimerais avoir le pouvoir d’y pénétrer autant que je peux. Il viendra un moment où nous devrons tous lâcher prise, mais j'ai bon espoir que mes enfants se rappelleront toujours de leurs valeurs et de leurs racines, insha'Allah."


Les familles pour lesquelles j’éprouve une grande admiration ont tous souligné l’importance d’être présentes auprès de leurs enfants, de répondre à leurs questions avec patience et respect, de ne pas se fâcher face à leurs pensées aléatoires, de rire à leurs plaisanteries, de toujours maintenir un contact visuel quand ils s’adressent à nous. Ainsi, les enfants ont le sentiment de  pouvoir poser n'importe quelle question et discuter de n’importe quel sujet sans être jugé par leurs parents.


"Vous connaissez l’expression : « Il n'existe pas de question stupide'»?" demande un ami perse qui est aussi un érudit. "Et bien, c'était toujours le cas dans notre famille. Je pouvais demander ce que je voulais à ma mère tout en ayant la certitude que j'obtiendrais une réponse honnête. On me prévenait parfois que j’aurais à attendre un peu avant qu'elle ne soit prête à m'apprendre certaines choses, mais j'ai su être patient dans la mesure où je savais que je finirais par connaitre la vérité »

Une autre conseillère familiale respectée, met en garde les parents contre le piège du « trop parlé et du trop de respect" envers vos fils et vos filles. "Certes, les enfants sont des petites natures avec des petits cœurs, ils doivent être traités avec dignité et respect afin de ne pas être blessés" admet-elle. "Mais il n'y a pas besoin d'expliquer et de justifier chaque détail à votre enfant  du style « Mon chéri, tu dois me laisser faire ceci afin que je puisse faire cela. Et une fois que j’aurais fait ceci, je pourrais m’occuper de cela. Et dès que j’aurai terminé telle ou telle chose, alors je pourrai te faire la lecture. Est-ce que ça te va ? » …Non!! Parfois il faut juste faire comprendre clairement à votre enfant: « c’est comme ça parce que je l’ai décidé ». Et ils doivent l’accepter.

Une amie arabe m’a un jour raconté les réactions de sa mère quand ses frères et elle-même se comportaient mal étant enfants. Elle criait avec colère : "Qu’Allah te guide!" - "Qu’Allah ait pitié de nous!" Il s’est avéré par la suite que sa fille est inévitablement devenue une mère de jumeaux qui prie pour ses enfants au lieu de les maudire, même lorsqu’elle atteint le plus haut point de sa frustration.

Pas plus tard qu’aujourd'hui, Shaan m'a raconté la réaction de son jeune cousin après avoir vu Ameen jeter de la boue sur une barrière en bois. "Il s’est mis à hurler : « Maman ! SubhanAllah! Allah Akbar! " rapporte mon fils avec amusement. "Il suit les paroles de son père; il dit exactement les même choses que tonton".

10.)Un père pieux qui les a impliqués.


Oui, il y a des mères pieuses qui ont élevé de merveilleux petits musulmans sans le soutien de leur mari, des maris qui ont même désapprouvé leurs tentatives d’enseignement des bases de la religion. Et il y a les mamans seules qui rendent un service incroyable à la Ummah en faisant des sacrifices et en s’efforçant d’éduquer la prochaine génération de croyants. Nous sommes tous très conscient que la mère représente la première des écoles. Et on peut citer de nombreux exemples de mères qui passent la nuit sur leur tapis de prière à se prosterner en pleurant pour l'avenir de leurs familles; seul Allah connait les secrets que contiennent les cœurs.

Mais à plusieurs reprises, j'ai vu des mères nonchalantes avec des maris pieux. Et les enfants se sont tournés vers leurs pères tels des fleurs qui se tournent vers le soleil. Combien d’entre nous connaissent des jeunes adultes qui lèvent les yeux au ciel face à la religiosité de leurs mères tout en soutenant leurs pères qui aiment s’amuser et qu’ils considèrent comme l’incarnation du rationalisme et de l'intelligence?  Ces pères ont un certain pouvoir sur leur progéniture, un pouvoir dont nous ne pouvons pas complètement comprendre la profondeur; la vérité se révèle d’elle-même lorsqu’on voit quel parent l'enfant veut imiter le plus souvent.

La majorité des familles avec lesquelles j'ai parlé ont vanté les vertus du Amir de la Maison : l'homme qui incite ses enfants à prier en groupe, le père qui encourage fermement mais avec douceur son fils comme sa fille à la modestie, le mari qui accomplit ses devoirs auprès de sa femme sans exiger ceux de sa femme envers lui, le responsable et soutien financier de la famille, le père qui met fin aux commérages avant même qu'ils ne débutent, le patriarche qui s'empresse de se rendre au masjid pour rejoindre la prière en jama'ah, le Musulman qui tient dur comme fer à ses principes (que ce soit un père qui refuse que ses collègues l’appellent « Mo » au lieu de Mohamed ou bien un père qui refuse de voyager le vendredi afin de pouvoir faire la prière du Jumu3a).

Ainsi, les enfants une fois devenus adultes, retiennent l'intégrité de leur père à travers des exemples précis, même bien après qu'ils soient eux-mêmes devenus parents, choisissant volontairement de construire leurs propres vies en hommage à un homme qui ne leur a jamais imposé son mode de vie lorsqu’ils étaient plus jeunes.

"Ma mère nous a fait la morale, nous a éduqués, grondés et fait des rappels durant toute notre enfance et adolescence," se souvient avec amusement une mère de 3 garçons. "Mon père a dû me mentionner la religion environ 5 fois seulement dans toute ma vie …pourtant je me souviens de chaque moment où il l’a fait; je n'ai jamais oublié. Je regrette qu'il ne m’ait pas partagé ses pensées plus souvent."

A l’époque du collège, alors que j'étais en train de réviser mon examen sur la table de la cuisine, je me souviens que je répétais les mots de mon cousin : "Si seulement Allah me permettait d’obtenir un A à cet exam, j’accomplirais une centaine de rakaats de gratitude" ai-je soupiré en tournant les pages de mon cahier."

Mon père leva les yeux de son journal. "Allah n'a pas besoin de tes prières" me réprimanda –t-il gentiment. « Si tu veux obtenir un A, travailles dur et implores Son aide en même temps. Tu n’as pas besoin de Le soudoyer »

Des années plus tard, j’ai assisté à l’assise d’un shaykh et j’ai bien pris note de cette consigne:

" Ne jouez pas au commercial dans votre religion. Délaissez cette manie à base de : "Paye moi et je t’adorerai".

Cette vérité a tellement résonné dans ma tête dans la mesure où je l'avais déjà entendue de la bouche de mon cher père vingt-cinq ans plus tôt.



En Conclusion

Même si j'ai toujours été un fan des listes du style "top ten" ou "les moyens pour faire ou atteindre telle ou telle chose ", je ne me suis jamais autorisée à croire qu’il existait des garanties sûres pour élever des enfants droits. Je n’ai jamais oublié que le meilleur des hommes, le Prophète Muhammad (saw), a initialement été élevé par une mère célibataire…et qu’il a ensuite vécu parmi les bédouins dans le désert alors qu’il n’était encore qu’un enfant en bas âge. De nombreuses "règles" citées ici ne s’appliquaient pas à sa vie. La sienne s’est déroulée dans des circonstances particulières, ayant été elevé par Allah Subhana wa Ta'ala Lui-même. Tout ce que nous pouvons faire à présent, c’est essayer d’établir un cadre propice dans l’espoir d'atteindre ce que notre Prophète (saw) a atteint grâce à la grandeur d'Allah.

Si nous voulons réussir dans quelque chose, il nous incombe d’observer ceux qui ont réussi avant nous. On a tous des choses à apprendre et des leçons à tirer des expériences d'autrui.

Il y en aura peut-être certains qui, en parcourant la liste d’astuces que j’ai évoquée, penseront : « Nous n'avons eu recours à aucune de ces astuces, et pourtant nos enfants ont bien tourné»

A ces personnes, je réponds "Al hamdulillah!" Il est vrai qu'il y a beaucoup d'enfants à qui on n’a imposé aucune de ces règles et qui, par la Grâce d'Allah, sont devenus des Musulmans exemplaires. 

Et sans entrer dans des détails inutiles, je dirai que j'ai également vu des parents extrêmement pieux, pratiquants et affectueux, être extrêmement déçus de leurs enfants.

Ces parents, me font penser à certains prophètes éprouvés, tels que Adam ou Nuh (que la paix soit sur eux) et dont les fils ont rejeté les enseignements - pourtant ces derniers faisaient partie des meilleurs êtres de toute l’humanité, des parents qui priaient et faisaient des invocations de manière constante, qui avaient reçu la guidée des cieux.

Nous devons implorer et prier Allah Subhana wa Ta'ala qu’Il ne nous éprouve pas à travers nos enfants comme Il a éprouvé ces grands hommes et leurs femmes. Il est intéressant de noter que de nombreux hommes et femmes cités dans mon article ont avoué qu’ils avaient parfois eu le sentiment d’avoir échoué dans leurs devoirs en tant que parents, mais ont tout de même trouvé le courage nécessaire en s’attachant à l’idée que l'aide d’Allah permettait de surmonter tous les obstacles. Au final, ils sont tous arrivés à la conclusion qu’il fallait se soumettre à la volonté d’Allah quoi qu’il arrive, quoi qu’ils fassent.

C’est réconfortant pour nous parents de savoir que nous serons récompensés - non pas pour ce que deviendront nos enfants au final -  mais pour les intentions que nous avons mises en les éduquant ainsi que les initiatives que nous avons prises afin de leur faciliter leur chemin sur le dine. Nous devons faire les causes, le résultat est entre les mains d’Allah.

« Même si un de vos enfants s’égare », conseille un érudit, « il faut toujours lui laisser la porte ouverte et prier qu’il ‘reviendra’ un jour. Il ne faut jamais rompre les liens ou désespérer de la miséricorde et de la guidée d’Allah »

« Vivre et éduquer dans cette dunya représente une véritable lutte » affirme un ami. "On aspire tous à être de bons parents, on s’efforce d’atteindre cet objectif, puis on s’attriste lorsqu’on se voit échouer. Je suppose que cela demande énormément de courage de persévérer dans le renouvèlement de ses intentions et de prier pour le Tawfiq (le succès)."

Aucun des parents que j'ai interviewés ne s'est senti « rassuré », ou a pensé que son travail avait touché à sa fin quant à l’éducation de leurs enfants. Ils ont tous continué à prier quotidiennement pour le tawfiq, même bien après que leur entourage ait commencé à les féliciter pour le bon travail qu’ils avaient accompli dans l’éducation de leurs enfants.

"Cela n'a pas d'importance qu’on vive merveilleusement bien » déclare un érudit père de deux filles. "Ce qui compte vraiment, c’est la manière dont nous achevons notre vie (husn Al-khatima)… Nous ne serons en sécurité que lorsqu’on mourra avec la foi (el imane) imprégnée dans nos coeurs."

C'est tout en étant conscient de cela que nous prions pour qu’Allah Subhana wa Ta'ala nous accorde "une descendance pieuse", comme celle qu'Il a accordée au Prophète Ibrahim, au Prophète Zakariya et à la mère de Maryam (que la paix soit sur eux) dans le Saint Coran. Nous prions qu’Allah nous permette d’être des enseignants dignes pour nos enfants et que ces derniers répandent cette noble religion, une précieuse responsabilité à transmettre de génération en génération. Qu’Allah fasse que nous ne devenions jamais "le maillon faible". Ameen.

« Ô mon Seigneur! Fais que j’accomplisse assidûment la Salat ainsi qu’une partie de ma descendance; exauce ma prière, ô notre Seigneur! Ô notre Seigneur! Pardonne-moi, ainsi qu’à mes père et mère et aux croyants, le jour de la reddition des comptes? » - le Saint Coran (14:40) 


Ecrit par HINA KHAN-MUKHTAR Traduit de l'anglais pas Yasmina Mehdaoui

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